Rapport annuel 2025-2026 : le commissaire à la langue française dresse un bilan des trois dernières années et porte un regard vers l’avenir

Communiqué

Québec, le 3 juin 2026 – La présidente de l’Assemblée nationale, Mme Nathalie Roy, a déposé aujourd’hui en chambre le Rapport annuel 2025-2026 du Commissaire à la langue française. Ce rapport contient notamment :

  • un bilan des dernières années et un regard vers l’avenir à l’intention des parlementaires et de l’ensemble de la population;
  • un premier suivi des recommandations formulées par le Commissaire dans ses rapports précédents;
  • une évaluation de la progression et de la réussite des participants aux cours de Francisation Québec.

Regard vers l’avenir

Dans son Regard vers l’avenir, le commissaire rappelle les pressions qui s’exercent actuellement sur l’usage du français au Québec. Il souligne que l’atteinte des objectifs de la Charte de la langue française exige la mise en œuvre de mesures innovantes et ambitieuses. C’est une condition essentielle pour assurer la pérennité et la vitalité du français comme langue commune.

« Les prochaines années seront déterminantes pour l’avenir du français. Depuis 50 ans, la Charte a permis des progrès marquants. Cependant, elle ne suffira pas, à elle seule, à freiner le recul que nous observons en ce moment sur le marché du travail, dans les pratiques culturelles et dans les usages sociaux en général », a déclaré le commissaire Dubreuil.

S’appuyant sur les travaux réalisés à ce jour, le commissaire présente sept objectifs prioritaires que devrait viser la politique linguistique du Québec dans les prochaines années.

  • Immigration : viser l’insertion des personnes immigrantes dans les milieux francophones et appeler le gouvernement fédéral à ses responsabilités.
  • Francisation : s’assurer que l’apprentissage du français débouche sur son adoption durable comme langue commune.
  • Intégration : structurer un parcours d’intégration pour les nouveaux arrivants et mobiliser l’ensemble de la société en faveur de la mixité et des rapprochements interculturels.
  • Éducation : mobiliser le réseau de l’éducation en faveur d’un français vivant, de rapprochements interculturels positifs et de la culture québécoise et francophone.
  • Enseignement supérieur : accroître de façon importante la place du français dans les collèges et les universités.
  • Culture : adapter la politique culturelle à la réalité numérique.
  • Économie : définir une vision économique favorable au français et mieux responsabiliser les employeurs.

Le commissaire rappelle par ailleurs l’importance de mobiliser tous les acteurs de la société pour augmenter l’usage du français. « La politique linguistique n’interpelle pas seulement l’Office québécois de la langue française ou le ministère de la Langue française. Nous avons besoin d’une stratégie globale qui amènera des millions de Québécoises et de Québécois à faire une plus grande place au français dans leur vie quotidienne. Pour y arriver, on doit mobiliser l’ensemble du gouvernement, de même que les municipalités, les entreprises, les écoles, les collèges, les universités et tout le milieu associatif », a renchéri le commissaire Dubreuil.

Suivi des recommandations

Le rapport annuel contient également un premier suivi des recommandations formulées par le Commissaire à l’intention du gouvernement. Il porte sur quatre rapports publiés en 2024-2025.

« Sur plusieurs dossiers, nous constatons que le gouvernement est en mouvement. Sur d’autres, nous attendons toujours une action qui soit à la hauteur des défis. Par exemple, le ministère de la Langue française doit jouer un rôle plus important dans la mobilisation des autorités locales et régionales ainsi que de la société civile. De même, j’invite le ministère de l’Éducation et le ministère de l’Enseignement supérieur à prendre conscience du rôle central qu’ils doivent jouer dans la promotion de la langue commune », a précisé le commissaire Dubreuil.

Progression et réussite des participants à Francisation Québec

Pour sa troisième évaluation de Francisation Québec, le Commissaire s’est intéressé à la progression et à la réussite des participants aux cours de français gouvernementaux.

« Nous constatons que la plupart des participants commencent au niveau débutant, étudient à temps partiel et ne franchissent que 2 ou 3 niveaux avant de quitter la formation. Ils sont donc loin d’atteindre l’autonomie langagière, associée aux niveaux 7 et 8. Cependant, les participants qui maîtrisent déjà les bases du français, de même que ceux qui étudient à temps complet, atteignent des niveaux beaucoup plus élevés, ce qui rend leur intégration en français plus probable », a expliqué le commissaire.

Le Commissaire recommande à Francisation Québec de promouvoir davantage son offre auprès des personnes qui ont un statut permanent au Québec et qui sont susceptibles d’avoir une certaine connaissance du français.

Il lui demande aussi d’évaluer la possibilité de créer un système de prêts, semblable à celui en vigueur pour l’aide financière aux études, pour aider plus de participants à se consacrer à temps plein à l’apprentissage du français.

Ce rapport annuel est accessible dans le site Web du Commissaire à la langue française, au commissairelanguefrancaise.quebec.

À propos du Commissaire à la langue française

En vertu de sa mission, le Commissaire à la langue française surveille l’évolution de la situation linguistique du Québec. Il formule, à l’attention du gouvernement ou de l’Assemblée nationale, tout avis ou recommandation pour favoriser l’usage du français comme langue commune.