Concilier le français et l’économie : le commissaire publie son analyse de la vision économique du Québec

Communiqué

Québec, le 4 mars 2026 – Le commissaire à la langue française, M. Benoît Dubreuil, lance aujourd’hui l’étude Concilier le français et l’économie : une analyse de la vision économique du Québec. Dans cette étude, il analyse les répercussions potentielles sur la situation linguistique des orientations économiques présentées par le gouvernement du Québec dans le document Le pouvoir québécois – Une réponse au nouveau contexte mondial, rendu public en novembre 2025.

Améliorer la planification de la main-d’œuvre et son intégration linguistique

« Dans son ensemble, la vision économique du gouvernement du Québec présente des possibilités intéressantes pour le français. Cependant, elle soulève également des risques. Pour cette raison, le gouvernement doit faire preuve d’une grande prudence dans le type d’emplois qu’il soutient. Il doit aussi planifier adéquatement le recrutement de la main-d’œuvre et son intégration linguistique pour ne pas compromettre davantage la situation du français », a déclaré le commissaire Dubreuil.

Selon les résultats de l’étude, le français se porte bien dans plusieurs secteurs, notamment dans ceux de la construction, de la production d’électricité et de la fabrication, particulièrement en dehors de Montréal. Le fait de favoriser la croissance de ces secteurs pourrait entraîner des répercussions positives sur la situation linguistique, du moins si les entreprises sont en mesure de recruter une main-d’œuvre qui connaît le français et qui souhaite l’utiliser.

À l’inverse, dans la région de Montréal, la situation du français est plus fragile, par exemple dans les secteurs de l’aérospatiale, de l’informatique et de la recherche scientifique. Dans ces secteurs, le commissaire incite le gouvernement à analyser en amont les répercussions linguistiques que pourrait avoir son intervention.

Protéger la vitalité du français

Grâce au processus de francisation des entreprises, la Charte de la langue française a permis au français de progresser de façon importante dans les milieux de travail. Toutefois, elle n’a pas réussi à faire du français la langue normale et habituelle du travail dans tous les secteurs de l’économie. Depuis vingt ans, le statut du français s’est d’ailleurs fragilisé dans les domaines fortement intégrés à l’échelle canadienne et internationale, tout comme dans ceux où se trouve une forte concentration de travailleurs qui ont l’anglais comme langue dominante.

Comme le rappelle Me Éric Poirier, commissaire adjoint à la langue française : « De nos jours, de plus en plus de Québécoises et de Québécois sont bilingues. Comme ils tendent à adopter l’anglais pour accommoder une personne qui ne parle pas français, il suffit que quelques personnes non francophones arrivent dans un milieu de travail pour faire basculer la langue de travail. » Par conséquent, l’application rigoureuse de la Charte de la langue française ne suffira pas à assurer le statut du français comme langue de travail. Le gouvernement du Québec doit aussi prendre en compte les considérations linguistiques dans ses décisions qui influenceront la structure de l’économie, et les besoins de main-d’œuvre.

À propos du Commissaire à la langue française

Le Commissaire à la langue française doit informer les citoyens et les parlementaires des enjeux susceptibles d’influencer la pérennité ou la vitalité du français au Québec. Il ne lui appartient pas de se prononcer sur la pertinence proprement économique de la vision proposée par le gouvernement. Cependant, il peut se prononcer de façon utile sur les répercussions qu’elle pourrait avoir sur la situation linguistique.